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Le 23 septembre, hier, a eu lieu le trail des sangliers de Pontarlier.

Enfin celui des marcassins pour ceux qui comme moi, avaient choisi le parcours le plus court, 17 km.

La principale difficulté n'était pas la distance, mais la dénivelée : 600 mètres. J'avoue que ça me stressait un peu, ça et aussi le terrain, rendu boueux par les pluies continues de la veille.

 

Début de course tranquille. Je dépasse quelques personnes qui étaient parties comme des balles et se mettent déjà à marcher au bout d'un petit kilomètre. Je souris intérieurement en repensant au lièvre et à la tortue.

Mais vite, on est dans le vif du sujet avec la grimpette jusqu'en haut du Larmont.

Pontarlier et Château Joux 069

Déjà en voiture, c'est impressionnant et on a  l'impression de ne jamais arriver au bout. En courant (et marchant), c'est pire encore.

Arrivée tant bien que mal en haut du Larmont, au Fort Malher, et pensant euphoriquement que j'ai atteint le sommet, je m'arrête quelques secondes pour photographier le château de Joux avec mon téléphone portable :

IMG120

Allez, un autre point de vue photographié depuis le premier poste de ravitaillement, bienvenu (eau, fruits frais, gâteaux, chocolat, biscuits)

IMG121-001

 

Je repars en course, l'esprit serein, car le plus dur est fait.

Que nenni, de faux plats en faux plats, on continue toujours à grimper. C'est pas bientôt fini, non?

 

Enfin on amorce la descente, mais quelle descente ! Obligée de marcher pour ne pas glisser dans la vase, dans les ornières emplies d'eau, devoir faire des détours par la forêt pour éviter les flaques énormes, mais alors enjamber des troncs, se prendre des branches en plein figure... Les baskets trempées s'alourdissent de terre à chaque pas. Au moins 1 kg à chaque pied. Je dépasse une mamie qui avance précautionneusement dans la descente.

Je me dis qu'elle était quand même devant moi, à plus de la moitié du parcours, chapeau madame !

 

Elle me suit de près, alors je ne peux pas la ralentir en me mettant à photographier le panorama depuis le point de vue. Voici donc une photo prise l'an dernier :

Pontarlier et Château Joux 077

 

On amorce une grande descente en travers, à flanc de coteau, et je vois des traces de glissade dans le fossé. Il a dû y avoir de belles chutes ! Je maugrée contre ce parcours du combattant, rendu encore plus difficile par le passage et "labourage" en règle par tous les marcassins qui ont précédé. Je pense aux sangliers des 35 km qui passeront là après nous !

Puis je reprends un peu de vitesse, pour mieux m'étaler dans la boue...

Les mains crottées, échauffées par le frottement sur les cailloux, je poursuis en me demandant ce que je suis venue faire dans cette galère.

 

Arrivée tout en bas sur la route de l'entrée de Pontarlier, je sens mes forces et mon envie de me battre revenir. Mon podomètre affiche 14 km, il n'en reste donc plus que trois à courir sur du plat jusqu'à la ligne d'arrivée, alors je vais tout donner...

 

 

Mais où me guide-t-on tout à coup ? En face ? C'est quoi cette pente ascendante toute raide dans la forêt ?

Oh non, misère, pas encore de la montée ?!

La course n'est plus possible, il faut marcher à tous petits pas pour ne pas glisser en arrière. Je peste, je râle, je me dis que plus jamais...

 

Un groupe de spectateurs me répond que oui, il reste encore pas mal de "bosses" avant la ligne d'arrivée. Et me rassure : il n'y a plus "que" 5 kms à parcourir !

Quoi ? Mais c'est quoi cette blague ?

 

Je grimpe difficilement, mes jambes s'ankylosent, ne veulent plus me soulever. Et là, ma petite grand-mère me dépasse allègrement, silencieuse, sans souffler.

Je suis admirative, et désespérée.

Après un parcours de galère à monter, souffler, ahaner (râler), descendre, nous tordre les chevilles dans les chemins à la fois boueux et pierreux, on atteint enfin  la route sèche et le plat, et on aperçoit au loin le stade de Pourny où se situe l'arrivée.

Je suis depuis tout à l'heure à hauteur de la mamie qui a ralenti dans la descente et je m'apprête à la dépasser, quand soudain elle allume son turbo pour courir à grandes enjambées. Elle m'en met plein la vue et bientôt disparaît, loin devant moi. Je suis incapable de la suivre, mes jambes, mes fessiers, mes chevilles, mes pieds cloqués et en feu ne sont plus que douleur.

Je n'arrive même pas à accélérer à l'approche du stade ; je n'en peux plus. Mes foulées sont minuscules et j'ai l'impression de me traîner comme jamais je ne l'ai fait.

Petite consolation, je dépasse un gars qui a l'air de souffrir autant que moi.

trail 4674

Je voulais faire ma crâneuse à l'arrivée, sachant que mari et loulous m'attendent (depuis une heure déjà, j'avais surestimé mes capacités en leur indiquant mon heure probable d'arrivée), mais je ne le pourrai pas.

J'esquisse une sourire crispé en les reconnaissant, appareil photo brandi et hourras criés.

 

trail 4675

 

ça y est, je passe la ligne.

trail 4671

(Pas moi sur la photo)

Je ne peux même plus marcher, je me traîne presque jusqu'au stand de fruits et boissons.

Je n'ai qu'une envie, m'assoir et enlever ces chaussures qui me brûlent les pieds aujourd'hui.

IMG124

PTDC0147

Epuisée...

 

 

Je fais partie des derniers : 2h40 pour clore ce parcours, c'est une heure de plus que la première fille. 17 km officiellement, 22 km sur mon podomètre (peut-être les nombreux petits pas des pentes très raides ont-ils faussé la mesure). J'en ai bavé, et c'est le moins que l'on puisse dire ! Oh, je m'aperçois qu' ils m'ont classée en catégorie "vétérans", le coup de vieux que je me prends ! Mais finalement, classée 35 ème dans une catégorie, c'est mieux que dans les dernières positions du classement général, non ?

 

Je sais que ce n'est pas pour moi, ce genre de parcours avec des montées et des descentes à n'en plus finir, je préfère les plats. A l'avenir, je courrai peut-être la foulée du lac, terrain connu pour moi. Mais plus jamais ce genre de trail.

En tout cas, je suis fière d'être arrivée au bout.

 

 

PS : alors que je me traînais cassée de partout pour aller me débarbouiller, j'ai revu la mamie toute pimpante, même pas le visage rouge, déjà douchée et changée. Elle portait un survêtement arborant le logo d'un club d'athlétisme.

Chapeau bas !

Mais ça me casse le moral.

Et surtout quand j'entends à peine 5 minutes plus tard qu'on acclame l'arrivée du premier sanglier ! Il a fait son parcours de 35 bornes dans les mêmes temps que moi, qui n'en avais que 17 à courir.

Pfff...

 

Allez, pour me remonter le moral, rien de tel que quelques caramels offerts à tous les participants :

trail 4662

  Ils ne sont pas aussi bons que ceux au beurre salé de Bretagne, mais ils feront bien l'affaire quand même !

 

 

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